La Crypte

Zombies, horreur, SF. Et cinéma en tous genres.
 
AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Henry : Portrait d'un serial killer

Aller en bas 
AuteurMessage
Fry3000
King of the zombies
King of the zombies
avatar

Masculin Nombre de messages : 8764
Age : 26
Date d'inscription : 16/05/2007

MessageSujet: Henry : Portrait d'un serial killer   Mar 16 Oct 2012 - 22:46


Fiche du film :
Réalisateur : John McNaughton
Scénaristes : John McNaughton, Richard Fire
Année : 1986
Genre : Drame / Horreur
Acteurs principaux : Michael Rooker, Tracy Arnold, Tom Towles

Mon avis :
J'ai passé 15mn à sortir le DVD de son étui cartonné. Le cellophane avait un peu fondu. J'ai dû couper le bord de l'étui, et ensuite le recoller, je déteste faire ça, abimer ma propriété, surtout pour quelque chose d'aussi précieux qu'un DVD. Mais, eh, fallait bien que je voie le film.
J'avais acheté l'édition collector il y a de cela presque 44 jours (je m'en souviens bien, c'était un jour pour le moins spécial (et pas parce que j’achetais ce DVD hein, non) ) ; je dois dire que ce film, qui semblait avoir une approche très réaliste et crue des serial killers, ne m'aurait pas tenté si je n'avais pas lu au fil des années diverses évocations qui semblaient indiquer que c'est une oeuvre culte.
James Gunn en parle, Kevin Smith en parle, ... essentiellement parce qu'ils ont bossé avec Michael Rooker depuis "Henry", mais j'ai toujours lu du bien sur ce film. Je vois maintenant que même Siskel et Ebert, ces deux critiques qui crachent sur tout ce qui est trop déviant ou trop obscène à leur goût, ont aimé...

Mais j'ai connu Henry il y a environ 6 ans de cela, en même temps que je découvrais ce super site qu'est Devildead, je le sais car c'est une des premières reviews que j'ai lue (ou survolée) là-bas.
C'est sûrement pour ça que j'ai des souvenirs aussi nets de ce qu'ils disaient sur le film. Me souviens de l'évocation de ce défaut sur l'image du DVD français à un moment, ce carré disgracieux qui apparaît en bord de cadre.
Me souviens que cette review, et peut-être d'autres lectures depuis, m'avaient fait penser qu' "Henry portrait d'un serial killer" était basé sur l'histoire d'un de ces tueurs en série connus. C’est pour ça que je trouvais étrange que Devildead critique ce hasard dans l’histoire qui veut qu’Henry se trouve un autre tueur pour l’accompagner dans ses activités spéciales. En réalité le film prend quelques libertés, et adjoint à Henry deux personnages fictifs que sont Otis, le colocataire d’Henry, et Becky, la sœur d’Otis.
[EDIT : ah bah IMDb dément ce que nous indique le texte en début de film : http://www.imdb.com/title/tt0099763/trivia ]
Henry et Otis se sont connus en prison, dont ça me paraît quand même un peu moins improbable qu’ils se découvrent une passion commune pour le meurtre. De plus, contrairement à ce que j’avais imaginé, Otis n’est pas pour au début, mais une progression s’effectue chez lui, après qu’il ait fait face à la violence du monde. Crédible, pour moi.
En fait au cours du film, tout le monde finit contaminé par le meurtre, c’est accepté par chaque personnage d’une façon ou d’une autre, et pour de bonnes raisons.
Non, ce qui va pas, c’est juste cette scène où le duo filme deux SDF en train d’en tabasser un troisième à mort, là c’est n’importe quoi. Me suis caché bien des fois dans les buissons d’un parc, et j’ai jamais vu des clochards s’entretuer. Mais j’ai vu bien d’autres choses… (non je déconne).

Le traitement de la violence dans ce film est pour le moins intéressant.
"Henry portrait d’un serial killer" s’ouvre par un plan choc. On découvre une femme que l’on croit endormie dans l’herbe, qui s’avère être morte, dénudée. On mêle vision plaisante et macabre.
C’est suivi par une scène où un personnage, que l’on ne sait pas encore être Henry, fait preuve d’une gentillesse toute anodine. Ca m’a rappelé une citation du tueur Edmund Kemper (que ce gros naze de Patrick Bateman dans American psycho attribue à la mauvaise personne) : "One side of me says, I'd like to talk to her, date her. The other side of me says, I wonder what her head would look like on a stick?".
Le début du film alterne justement entre horreur et banalité. A un moment, Henry embarque une autostoppeuse, sans qu’on ne sache ce qui lui est arrivé par la suite : on ne peut savoir, en la voyant monter en voiture, à quelle facette d’Henry elle va avoir affaire.
Un plan m’a marqué parmi les premières séquences, d’ailleurs il est tellement mémorable qu’on le trouve facilement sur internet et qu’il est devenu le menu du DVD français. Un plan avec un cadavre de femme sur des WC, une image glauque, mais en même temps la mise en scène du corps a quelque chose d’esthétique. Une esthétique dépravée hein.
Mais plus généralement, en début du film, on a une récurrence de plans qui, lorsqu’ils commencent, laissent croire à une scène ordinaire, jusqu’à ce qu’on découvre que la personne que l’on voit est morte.
Ca indique probablement une séparation floue entre vie et mort, annonce ce thème de distanciation par rapport au meurtre qui est développé plus tard, avec l’idée de passer par un écran de TV pour voir les crimes d’Otis et Henry, une fois qu’ils se sont emparés d’une caméra amateure pour leurs home movies. En plus de cela, le meurtre qu’ils ont commis et que l’on voit sur l’écran fait écho à cette scène de danse, un moment de vie heureux, et les deux sont ainsi mis au même niveau.

Les personnages ont tous des vies à aller poster des articles sur VDM, et c’est pas bien crédible la façon dont ils se dévoilent si vite l’un à l’autre. Becky ne doit pas connaître Henry depuis plus de quelques jours qu’elle se met déjà à tout déballer sur son père qui venait la voir la nuit dans sa chambre, pour checker si elle était bien "développé", au début de son adolescence.
Enfin bon, les relations entre les personnages servent surtout à amener des situations intéressantes. Est-ce que quelqu’un comme Henry arriverait à trouver l’affection d’une femme ? Je ne sais pas, mais ce qui résulte de son association avec Becky est ce qui importe.
L’arrivée de la femme, Becky, dans le milieu d’Otis et d’Henry amène de la tension.
Ce qu’essaye de faire Otis à un moment est inattendu pour le spectateur, et on s’attend encore moins à cette réaction si rapide et limite violente de la part d’Henry.
Tout d’un coup, on a un grand sentiment de danger venant des deux mâles et qui n’était pas présent jusque là dans le film ; c’est très efficace.

"Henry portrait d’un serial killer" est le premier long-métrage de fiction de John McNaughton.
Le seul défaut dans la réalisation que j’ai pu trouver, c’est lors d’une scène en cuisine, où la spatialisation est bizarre (Becky qu’on voit passer à l’arrière-plan quand on est sur Otis, et qu’on retrouve dans la direction opposée au plan suivant).
Le petit budget se ressent un peu, entre autres dans le découpage qui comporte peu de plans, mais au final c’est suffisant. Un des réflexes d’un jeune réalisateur, c’est de vouloir trop découper.
Et dans ce film-ci on a la preuve qu’il n’y a pas besoin d’une multitude de plans pour avoir de bonnes idées dans le découpage.
Lors d’une scène de dîner, en une prise, on arrive à un plan englobant les 3 personnages à table en partant d’un gros plan sur les cadavres des poissons qui viennent d’être mangés.
Lors d’une discussion intense entre Becky et Henry, on ne découvre qu’à la fin, quand ils sont interrompus, qu’ils se sont retrouvés à se tenir la main.

"Henry, portrait d’un serial killer": un film plutôt intelligent, avec pas mal d’idées intéressantes.
Et un vrai film malsain, me suis-je dit aussi, surtout une fois arrivé au final.
Le film fait 1h20, et malgré cet aspect à demi amateur qui a tendance à rebuter parfois, je ne me suis pas ennuyé devant "Henry", alors même qu’en ce moment j’ai plus de mal à me faire voir un film.

PS : la réplique à retenir : "when the pope pees in his hat" ; répartie superbe au cas où quelqu’un vous fait chier.

Et faut voir le trivia sur IMDb, un des plus passionnants que j'ai pu lire sur ce site :
http://www.imdb.com/title/tt0099763/trivia
Et dans la FAQ, plus d'infos fascinantes sur le film :
http://www.imdb.com/title/tt0099763/faq#.2.1.6
http://www.imdb.com/title/tt0099763/faq#.2.1.7

Bande-annonce VO :



EDIT : Ouais bah ce putain d'étui de DVD à la con c'est vraiment de la merde, je l'ai jeté, le boîtier rentre pas dedans, c'est trop étroit.

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://deadbydawn.1fr1.net
Fry3000
King of the zombies
King of the zombies
avatar

Masculin Nombre de messages : 8764
Age : 26
Date d'inscription : 16/05/2007

MessageSujet: Re: Henry : Portrait d'un serial killer   Dim 21 Oct 2012 - 1:41

Les bonus de l'édition collector française n'ont rien à voir avec le DVD américain pour les 20 ans du film.
C'est dommage de ne pas avoir le making of du film ni les scènes coupées sur le DVD français, mais de ce que j'ai vu jusque là, il y a des trucs biens aussi.

J'ai regardé l'interview de Stéphane Bourgoin, un type dont j'avais déjà entendu parler, un spécialiste français des serial killers.
C'est assez troublant de voir ce type qui répète régulièrement avoir rencontré entre 45 et 50 tueurs partout dans le monde ; plusieurs fois il a l'air de se vanter quelque peu et de vouloir faire un étalage de ses connaissances, en livrant des infos qui n'ont pas vraiment de rapport avec les questions qu'on lui pose.
J'ai été troublé par sa fascination si grande pour les tueurs, il dit passer des heures en entretien avec eux, mais qu'à la fin il en est lessivé ; il y a quelque chose de vraiment malsain dans cette passion, c'est sûr, une histoire de fascination et de répulsion.
En plus Bourgoin nous apprend, sans changer de ton ou quoi, au détour d'une phrase, que son intérêt pour les tueurs est apparu avec le viol, le meurtre puis le démembrement de sa femme. Il livre cette info de la même façon qu'il dit avoir rencontré tel ou tel tueur, et la froideur avec laquelle il dit ça, comme si c'était banal, ça me fait penser à ce que lui-même dit sur les tueurs, qui lui parlent de leurs crimes comme on parlerait du dernier film vu au ciné.

J'ai fait l'impasse sur l'interview de McNaughton.

J'ai regardé les rushes d'en entretien entre Bourgoin et Ottis Toole, sur qui est basé un des persos du film.
C'est très intéressant de voir ça. Ottis a l'air franchement bien sympathique. Il ressemble à un gentil vieux monsieur, mais quand, un sourire affable sur les lèvres, il parle d'une voix douce avec un ton et une gestuelle effeminés, c'est pour évoquer son excitation sexuelle quand il voit des flammes de 3 étages de haut, ou raconter comme une fois Henry a enculé une chèvre. C'est assez sidérant le décalage, dont d'ailleurs on ne se rend pas compte de suite tant Ottis parle avec naturel, mais il raconte des trucs comme ça tout comme on raconterait, l'air un peu amusé, les derniers potins du quartier.
>A voir.

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://deadbydawn.1fr1.net
Fry3000
King of the zombies
King of the zombies
avatar

Masculin Nombre de messages : 8764
Age : 26
Date d'inscription : 16/05/2007

MessageSujet: Re: Henry : Portrait d'un serial killer   Dim 21 Oct 2012 - 13:26

Vu le docu de 53mn sur Micki Pistorius, une profiler célèbre apparemment. Je la connaissais pas. J'ai découvert quelqu'un d'admirable.

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://deadbydawn.1fr1.net
Fry3000
King of the zombies
King of the zombies
avatar

Masculin Nombre de messages : 8764
Age : 26
Date d'inscription : 16/05/2007

MessageSujet: Re: Henry : Portrait d'un serial killer   Dim 8 Juin 2014 - 15:08

Il y a quelques temps, j'ai gagné la nouvelle édition française du film, qui comporte le making of dont je parlais... mais pas les scènes coupées, bizarrement.
Bon déjà, le type qui a fait les sous-titres ne sait pas écrire et ne comprend pas si bien l'anglais... c'est hallucinant, il écrit "héro" sans "s" à la fin, et ce plusieurs fois. Et ça n'a clairement pas été checké, vu qu'il y a des erreurs de frappe diverses.

Bon il y a quelques trucs intéressants qu'on apprend. Le réalisateur a débuté en faisant 2 docus sur les gangsters, puis il devait faire de même avec la boxe, mais comme les investisseurs semblaient être des escrocs, son producteur lui a proposé de faire un film d'horreur pour 100 000$.
McNaughton lui a filé un script, et au bout d'une semaine le type ne l'avait pas lu, mais lui a dit que c'était probablement bien, et lui a juste passé les premiers 25 000$ du budget.

Les conditions de tournage semblent avoir été un peu spéciales : il y a le décorateur qui bossait ailleurs en même temps, trouvait un prétexte pour partir, se dépêchait d'aller sur le lieu de tournage pour poser les éléments, et retournait à son boulot.

Je ne le savais pas, mais l'acteur qui joue Ottis avait des prothèses dentaires, ces fausses dents cariées, pour façonner un peu plus le personnage.

Michael Rooker a l'air d'être un type un peu spécial, un peu "raw" comme ils disent. Des fois il parlait aux autres en rentrant dans la peau d'Henry, sans prévenir.

On voit quand même dans le making-of des extraits de scènes coupées. Une où Ottis et Henry s'enlacent puis s'embrassent. Une autre où un intrus rentre chez les personnages et tente de violer Becky, mais se fait jeter par la fenêtre par Henry et Ottis !
Et il y a une scène où Ottis tire deux fois sur un type, lui met l'arme en main, et s'écrie "suicide !". J'aurais voulu voir la scène à part dans les bonus, avec le son...

Le réalisateur dit un truc pertinent, dans les films mainstreams, il y a un antagoniste qui agit de façon horrible pour que le public tire du plaisir de sa mise à mort par le héros, mais là dans Henry portrait d'un serial killer, ils montrent la violence telle qu'elle est dans la vraie vie, et qui n'a rien d'amusant.

Les producteurs n'ont pas aimé le film quand ils l'ont vu, du coup ils ne l'ont pas distribué de suite. McNaughton a montré le film à un autre cinéaste (qui a ensuite fait la suite, apparemment bien pourrie), qui travaillait chez le distributeur MPI. Il a commencé à envoyer des copies du film à divers festivals, ce qui a permis de le faire connaître.

Le décorateur dit qu'au fil des années, il a rencontré des gens qui lui ont dit qu'après avoir vu le film, ils ne laissent plus des inconnus rentrer chez eux, ou ils ne montent plus dans la voiture d'un inconnu, etc. C'est fort, l'effet qu'a eu ce film.

C'est à l'époque de la sortie du film qu'est apparu le classement "NC-17", sinon le film aurait été classé X.


J'ai regardé un bonus, assez inutile, sur les scènes censurées en Grande-Bretagne.
Bon du coup, par rapport à l'ancienne édition, il ne restait qu'une interview entre le réalisateur et un critique anglais, mais j'ai eu la flemme de regarder.

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://deadbydawn.1fr1.net
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Henry : Portrait d'un serial killer   

Revenir en haut Aller en bas
 
Henry : Portrait d'un serial killer
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Dexter : le serial killer attachant
» PBLV/Florian devient serial killer/Florian-THomas/PG13
» [Wells, Dan] Je ne suis pas un serial killer
» Test quel type de serial killer etes vous ?
» [ST Editions] "Serial Killer" de Kyrian Malone & Jamie Leigh

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Crypte :: Cinéma :: Films d'horreur divers-
Sauter vers: