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 Paris cinéma 2013 : Nuit du cinéma

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Fry3000
King of the zombies
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MessageSujet: Paris cinéma 2013 : Nuit du cinéma   Dim 7 Juil 2013 - 20:26

Dans la nuit d'hier se tenait la "Nuit du cinéma", comme chaque année au festival Paris cinéma.
Cette fois, non plus 4 mais 3 programmations différentes : JCVD, belgitude, et japanimation.
J'y ai été attiré essentiellement par la projection de Marquis, ce film complètement dingue écrit par Roland Topor, où le Marquis de Sade a un pénis qui parle ; j'en avais fait la promo en en mettant un extrait dans la bande-annonce Paris cinéma du jour, et j'en ai parlé devant les caméras de l'équipe de la web-TV, mais finalement je ne l'ai même pas vu.

Chaque programmation débutant à une heure différente, le premier film à être projeté était celui ouvrant la "nuit de la belgitude", Dikkenek de Olivier Van Hoofstadt.



Je suis arrivé en retard, et je pensais ne pas pouvoir rentrer en salle, mais bizarrement elle était loin d’être remplie. Il y a deux ans, la projection d’un Weng-Weng, même si cela se passait dans une plus petite salle, était complète.
Le réalisateur et scénariste, le co-scénariste, un des acteurs, et un producteur de Dikkenek étaient présents, bien qu'ils semblaient davantage être ici pour blaguer que pour vraiment parler du film.
Ils ont néanmoins dit que ce qui lui a donné naissance, c'est le fait qu'ils se soient demandé si ce qui les faisait rire au bistro pouvait aussi faire rire à l'écran.
Cela explique sûrement que le film se découpe en scénettes, plutôt amusantes, mais triviales. On nous fait passer d’une histoire à une autre sans vraiment de lien, ce que les scénaristes ont essayé de camoufler en faisant se croiser les personnages.
Dikkenek pourrait presque être un film à sketchs, aux segments inégaux.
Si certains gags du début m’ont fait me demander si cela valait vraiment la peine d’en faire un film, d’autres sont terriblement drôles (Foresti et ses CD, la mère indigne dans le bistro, la visite du musée des accidentés de la route, la sex-doll, l’allusion à Arthur, …).

Le film est pensé selon les gags, quitte à malmener l’aspect technique. Il y a de nombreux plans où, sûrement faute d’avoir un contre-champ ou un plan de coupe, un jump-cut fait passer d’une réplique comique d’un personnage à une autre, l’acteur ayant sûrement longuement improvisé son texte.
On se croirait dans un de ces "line-o-rama" des films de Judd Apatow, où l’on voit un acteur enchaîner plusieurs versions improvisées d’une réplique, si ce n’est que ce que ce qui relève du bonus DVD chez Apatow se retrouve dans le film, avec Dikkenek.
La plupart de ces répliques enchaînées par le montage ne sont pas particulièrement drôles, d’ailleurs.
Il faut quand même reconnaître que les acteurs sont vraiment bons, surtout François Damiens en beauf et Florence Foresti, peu crédible en commissaire, mais hilarante. Je n’aime pas tellement Foresti habituellement, mais dans ce film elle est excellente, on sent qu’elle improvise beaucoup, et cherche toujours à rajouter des gags, mais ça ne devient jamais trop lourd ou trop long. C’est étrange qu’on ne lui ait pas proposé plus de rôles importants au cinéma par la suite.


A l’issue de la séance, j’ai répondu aux questions de deux filles de la web-TV du festival. J’aurais tellement aimé que l’un des membres de l’équipe puisse interviewer Plastic man, mais apparemment aucun d’eux ne l’a croisé. Plastic man est cette figure connue des cinéphiles parisiens, qui peuvent le voir à n’importe quelle séance de films bis à la Cinémathèque ; on ne peut le rater, il est assis par terre devant le premier rang, et il a toujours avec lui deux sacs plastiques remplis de nourriture. Il avait été interviewé pour un numéro de So film.
Par contre, à l’issue de la séance de Dikkenek, nous avons vu un ersatz de Plastic man, un autre freak avec lui aussi deux sacs plastiques, qui tenait des propos incohérents : "Mon père c’est un vrai dikkenek, mais ils refusent de lui donner le visa pour la France, il va rester en Belgique, tant mieux, c’est le pays où il est né, et il va y mourir, …". Quelque chose comme ça. Il est revenu ensuite nous parler du peuple Turc qui aurait le cou plus court que la normale.


Dans la même salle, juste après, se tenait la projection de JCVD. Les fans de films d’action étant à mes yeux de grands fétichistes, je pensais que la salle serait remplie. Pas du tout.



Le film le mieux noté de Van Damme. J’ai cru que l'acteur avait fait au moins un bon film dans sa carrière, vraiment, j’y ai cru.

L’idée de la séquence d’intro est superbe : mise en abyme avec le tournage d’un film d’action fictif, avec du combat à main nue et à main armée en plan-séquence, une sacrée performance derrière et devant la caméra. Ironiquement, à la fin de la séquence, Van Damme rappelle au réalisateur qu’il a 47 ans et qu’il ne peut plus en faire autant qu’avant.
De plus, il s’agit d’un réalisateur asiatique qui se retrouve à Hollywood, rappelant à la fois John Woo, Ringo Lam, et Tsui Hark, qui ont tous fait un premier film Américain avec Van Damme ! Ce qui est encore plus ironique, c’est que deux de ces films étaient programmés plus tard dans la nuit.
Les bonnes idées de JCVD s’arrêtent là.
Le réalisateur asiatique est une caricature très lourde qui jette des fléchettes sur une affiche d’Hollywood, qui dit de son acteur qu’il lui frotte du papier de verre sur le gland ; son assistante traduit en disant à Van Damme que le fait que son personnage ne se serve pas de son arme représente sa pureté.
Tous les personnages du film sont aussi ridicules : les fans de l’acteur qui tiennent entre eux une discussion très factice sur le cinéma d’action, le policier qui se moque d’une femme qui critique Van Damme, … Certaines scènes sont censées être comiques, mais elles sont surtout idiotes et tirent trop en longueur.

Mais une des premières choses qui m’a choqué, c’est le choix d’étalonnage dégueulasse. Tout est dans des tons marronnâtes étron ou vert moisissure, pendant tout le film. Mais… pourquoi ? Je ne peux concevoir que le réalisateur se soit dit que c’était beau.
Il n’y a aucune maîtrise dans ce film, c’est un grand n’importe quoi.
Il y a des sautes d’axe terribles, des plans où la caméra est trop près des acteurs, des moments de lutte où le point et le cadre ne suivent pas les personnages, des ralentis immondes, … on sent une envie de se démarquer de ce que l’on fait normalement, juste comme ça, et peu importe si c’est laid.
Déjà qu’au bout de 30mn je n’en pouvais plus, le film raconte deux ou trois fois la même histoire de braquage dans lequel est pris Van Damme, mais de points de vue différents, qui n’apportent rien de nouveau et rendent simplement le film encore plus dur à supporter.

JCVD est mal écrit, mal joué, trop long, mal réalisé. Il y a une scène où l’on ne comprend rien (l’arrivée du médecin), et beaucoup de scènes dont on ne sait si elles sont censées être comiques ou non ; si oui, alors l’humour est vraiment malvenu en pleine histoire de braquage qui tourne mal.
Les deux seules choses vraiment amusantes dans ce film sont le détournement du logo Gaumont au début, et ce best-of des paroles philosophiques de JCVD que l’on entend sur une TV.

En plus de tout ça, le film est prétentieux. Il y a une volonté nette de la part du réalisateur Mabroul El Mecri d’appliquer sur son film une mise en scène auteuriste, très surfaite et lourde, et de nous apitoyer sur le sort de ce pauvre acteur qu’est Jean-Claude Van Damme, comme pour le réhabiliter, alors qu’il ne fait que le ridiculiser encore plus.
Je me suis longuement tenu le visage, tordu par l’incompréhension, la stupéfaction et l’horreur, lors de ce discours face caméra de Van Damme, censé être tragique, mais aussi incompréhensible que les propos du faux Plastic man croisé juste avant la séance.

Pauvre Van Damme, il n’aura vraiment joué dans aucun bon film…


A minuit trente, le programme "belgitude" se poursuivait avec 5 courts-métrages, présentés par Patrice Bauduinet, le réalisateur de l’un d’eux, "La nuit du 6 au 7". (d'ailleurs, nous étions réellement dans la nuit du 6 au 7)

Le premier court, "Quand on est amoureux c’est merveilleux", était réalisé par Fabrice Du Welz, à qui on doit Calvaire, projeté le même soir au Nouveau Latina.
Le titre est ironique, bien sûr. Cette ironie, on la retrouve dans l’utilisation de chansons populaires, comme "Sans amour, on n’est rien du tout", dont le caractère cruel des paroles ressort grâce au contexte du film.
Son caractère glauque, il le tire en premier lieu de la laideur de l’ordinaire : des rues crades, des gens à l’air patibulaires, ni beaux ni vraiment moches, mais suffisamment atypiques pour ne pas s’imaginer les voir tenir des rôles importants dans un film.
Du Welz ne cède à la facilité qu’avec le personnage de l’assistant du boucher qui, lui, a carrément des malformations crâniennes.

Le réalisateur, par sa façon de filmer ou de bruiter, rend bizarre des choses comme un strip-tease ou une fourchette qu’on plante dans une part de gâteau.
Les mouvements de caméra s’appliquent à créer du malaise, en tournant autour du personnage, en se précipitant sur lui, ou au contraire en s’en éloignant brusquement.
Le film n’est pas bien malin, mais le réalisateur a un certain talent. Il n’est pas étonnant que parmi les réalisateurs des courts-métrages programmés, il soit celui qui s’en soit le mieux sorti.


Le second court était "Prout prout tralala", réalisé par Noël Godin, le fameux entarteur belge (celui qui a entarté Bill Gates), ami de Patrice Bauduinet.
Ce film est à l’image de son titre. C’est une succession de scènes où une vieille femme fait toutes sortes d’excentricités et de délits, tout en livrant en voix-off un discours appelant à se dévergonder et faire des conneries.
Il faut imaginer tout cela sur un transfert super 8 avec un son encore plus dégueulasse que l’image.


Le troisième film était "La tête froide", de Patrick Hella, qui, d’après IMDb, serait maintenant directeur de casting, ayant travaillé sur Bons baisers de Bruges, Mr Nobody, ou encore Louis la brocante.
De suite, ce court-métrage m’a évoqué "Brigade anti-sex", un film qui avait été projeté à la dernière Nuit excentrique organisée par Nanarland. Les points communs sont la nationalité belge, le noir et blanc, le décor champêtre, l’accident de voiture, le sexe déviant.
J’ai été encore plus surpris en découvrant dans "La tête froide" l’actrice principale de "Brigade anti-sex" ! C’est tout de même très troublant ; quel est la connexion entre les deux films ? L’actrice s’était-elle spécialisée dans les films mêlant voiture et sexualité ? (Cronenberg n’a rien inventé !)
J’ai cru être la seule personne au monde à avoir fait le lien entre ces deux films obscurs, mais en fait l’actrice est créditée sur IMDb…
C’est l’essentiel de ce que je retiens de ce court-métrage très étrange où une femme garde la tête décapitée de son amant après un accident de voiture, se remémorant des souvenirs avec lui, jusqu’à finalement faire l’amour avec cette tête (en papier mâché, on dirait).


"La nuit du 6 au 7" était le 4ème film. On y fait un usage expérimental d’images d’archives, mêlées à des plans tournés pour l’occasion : Cécile de France nue qui joue Eve, se roulant à un moment dans une grosse casserole de purée, et autres scènes WTF. Des femmes nues en colère détruisent un grand phallus en papier contenant Adam, par exemple.
Je n’ai rien compris au texte de la voix-off, mais félicitations au narrateur, qui récite tout de même avec sérieux et application.


"La fée sanguinaire" clôturait le programme. C’est un court-métrage souvent projeté apparemment, bien qu’il date de 1969. Le réalisateur est Roland Lethem, un cinéaste que je ne connaissais pas du tout jusque là mais qui est apparemment très réputé, et qui a reçu de nombreux prix. C’est étonnant, quand on lit les titres de sa filmographie : "Le sexe enragé", "Le sexe enragé de la fée sanguinaire", ou encore "Super bite".
« Avec Henri Storck, Chantal Akerman, André Delvaux, Jaco van Dormael et les frères Dardenne, Roland Lethem est un des cinéastes belges les mieux connus à l’étranger. », assure Wikipedia.
Le réalisateur de La nuit du 6 au 7 nous disait qu’il est question dans ce court-métrage de Lethem d’une fée qui tue au nom de la révolution, ou quelque chose dans le genre. J’ai juste vu une femme nue qu’un jeune homme sort d’un container, et qui se met à tuer n’importe qui. Il y a notamment une scène ridicule où elle aveugle un enfant en lui plantant les doigts dans les yeux, en hors-champ. L’enfant s’en va, sans hurler, simplement en tendant les bras vers l’avant.
A la fin du film, la fée collecte des pénis arrachés qu’elle place dans des bocaux ; qu’ils soient pleins ou encore vides, sur chacun d’eux une étiquette indique le nom d’une figure politique de l’époque.
Si le cinéaste n’était pas aussi, visiblement, renommé, j’aurais dit de ce film qu’il est mauvais, et il l’est probablement, mais je n’ose pas, du coup, me prononcer avec certitude.

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