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 Hard candy

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Fry3000
King of the zombies
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MessageSujet: Hard candy   Lun 23 Déc 2013 - 1:30


Fiche du film :
Réalisateur : David Slade
Scénariste : Brian Nelson
Année : 2005
Genre : Thriller / Drame
Acteurs principaux : Ellen Page, Patrick Wilson

Mon avis :
Hard candy, c'est un film auquel, comme Donnie Darko, j'ai été attiré par son affiche très intrigante, et ce peut-être même avant que je ne m'intéresse au cinéma d'horreur. Ellen Page à ses débuts, qui joue une jeune fille faisant exprès de tomber dans le piège tendu sur internet par un pédophile, pour se venger de ce qu'il aurait fait à une autre ado... comment ne pas être tenté ? J'aurais dû voir ce film plus tôt, je ne sais pourquoi je ne l'ai pas fait.

Je sentais que j’allais adorer dès les deux premières scènes. La première est constituée uniquement de gros plans sur une conversation sur internet où les deux interlocuteurs ne font que flirter, teaser, sans retenue. Dans la seconde se rencontrent Jeff, un trentenaire, et Hayley, interprétée par une Ellen Page qui fait à la fois très jeune et très mature. Si l’actrice n’avait pas existé et n’avait pas eu le bon âge à l’époque où le film a été réalisé, je ne sais pas comment celui-ci aurait existé non plus ; Ellen Page était faite pour ce rôle. L’affiche de Hard candy évoque volontairement Le petit chaperon rouge, et à la première apparition d’Hayley, portant son blouson rouge, avec sur les lèvres des taches de gâteau qui font penser à du sang, que Jeff essuie du bout des doigts, m’est revenu en mémoire tout ce que j’ai lu sur la perte de l’innocence dans cette relecture du conte de Perrault qu’est La compagnie des loups : la perte du manteau rouge comme une perte du sang virginal qui se rapporte à la transformation en femme, mais ici le sang montre aussi Hayley comme une prédatrice, alors que Page a le visage d’une enfant, mais une enfant qui a perdu son innocence (ce sang, après tout, est retiré sensuellement par un homme mûr, un prédateur). Ou alors c’est juste moi qui sur-analyse à partir d’une simple tache de gâteau même pas vraiment rouge ; après tout, ces éléments ne sont pas présents dans Le petit chaperon rouge original.
Le duo formé par les personnages principaux est beaucoup moins enflammé IRL lors de leur première rencontre que sur internet ; Jeff prétend qu’il préfère les rencontres online, "you get to know what people are inside", mais on sent que c’est faux, aussi bien pour lui que pour Hayley, qui baisse les yeux, comme une enfant timide, qui a de l’hésitation dans la voix, mais on sent qu’elle est déjà une femme plus mature que ça. L’actrice est aussi parfaite pour ce rôle en raison de sa voix très troublante, car ambiguë, qui empêche de décrypter le personnage.
Perturbants aussi, ces gros plans, aussi bien sur des objets que sur les visages, que la caméra n’arrive pas toujours à bien cadrer ; la proximité et la faible profondeur de champ qui limite le champ de vision du spectateur fait qu’on se sent enfermé.

J’ai essayé de m’imaginer comment les personnes ne connaissant pas le pitch ont pu vivre le film, mais elles ont dû, elles aussi, se sentir mal à l’aise, en voyant Hayley insister pour se jeter dans la gueule du grand méchant loup. C’est elle qui tient à aller chez Jeff, alors que lui, peut-être de façon hypocrite, prétend que ce serait fou qu’Hayley aille chez lui, et qu’il va devoir attendre 4 ans pour que ce soit légal d’être avec elle… en même temps, le fait qu’il envisage déjà un rapport sexuel avec elle dénote de l’hypocrisie ; quel homme attendrait 4 ans pour une fille, honnêtement ?
La force du film est qu’il reste ambigu longtemps : quand on pénètre chez Jeff, il ne semble pas être un type méchant, au contraire on a de l’empathie pour lui, notamment quand il évoque avec nostalgie la première fille qui ait compté dans sa vie. Et il ne semble pas forcer la main d’Hayley.
On en vient à douter de sa position de prédateur sexuel en même temps que se referme sur lui le piège de l’adolescente. Les masques tombent au bout de 20mn seulement, et je me suis demandé comment les 1h20 restantes allaient être remplies. En réalité, on n’a pas le temps de s’ennuyer un seul instant.
On reste captivé grâce à des dialogues soignés, délivrés par des acteurs de talent.
Hayley prend vraiment le pouvoir. On découvre que Jeff a menti sur plusieurs points, mais le scénariste trouve toujours des justifications à cela qui laissent planer un doute sur sa culpabilité. Le personnage ne cesse de déballer des arguments pour prouver qu’il n’est pas ce qu’on croit, mais Hayley trouve à chaque fois de quoi répliquer. C’est diablement intéressant, grâce à un scénario très malin, dont l’auteur a pensé à tout. Hayley sort un argument imparable : où est le porno de Jeff ? Il en a forcément, mais elle ne le trouve nulle part, c’est qu’il doit y avoir là-dedans quelque chose qu'il doit garder en sécurité, alors même qu'il vit seul.
Hayley devient la personne la plus redoutable dans le duo, mais elle a une bonne raison de se montrer aussi intraitable…quoiqu’on vient à en douter.
Preuve que le scénario est bien ficelé, au début du film Jeff disait qu’on ne peut pas se fier au visage des gens pour savoir qui ils sont.
Ce qui est fort, c’est que malgré tout, pendant un bon moment on a plus de compassion pour Jeff, que l’on voit comme un humain sensible, que pour Hayley, qui devient un monstre qui conserve tout du long un détachement glacial, chirurgical (le terme est approprié). Elle fait aussi preuve d’un humour cruel et déplacé ; avec une actrice moins douée, ça aurait pu être ridicule, mais ce n’est pas le cas ici.
Cette froideur se retrouve dans l’étalonnage, très terne, rendant les visages des personnages très blancs. C’est un peu trop marqué, et assez irréaliste quand on voit de grands changements de couleur entre un coin d’une pièce et un autre.
La mise en scène et le montage par contre ont leur moments de génie, notamment avec ce montage déstabilisant lors de cette scène où Jeff perd conscience, alors qu’Hayley danse lascivement sur de l’électro.
La touche du réalisateur se remarque également quand il dynamise, par le cadrage et les coupes, ces coups de colère d'Hayley, ou lors de ces plans qui s'éternisent, durant le supplice de Jeff. Par contre, durant cette séquence, il y a des transitions sans coupe visible, où la caméra passe devant un fond de couleur uni, mais quand on retourne sur les personnages, le positionnement de la caméra par rapport à eux indique qu'il y a forcément eu une coupe ; cette stylisation détourne un peu l'attention de la scène.

J’ai passé une partie du film avec les mains plaquées contre mon visage ; ceux qui l’ont vu me comprendront. Et dire qu’Hard candy est passé au cinéma en France… j’aurais voulu vivre ça pour voir tous les spectateurs dans la salle gémir à l’unisson.
Le scénario par la suite va bien trop loin pour qu’on puisse encore y croire (qu’est-ce qui peut pousser une ado de 14 ans à mettre en place un piège aussi élaboré ?), mais Hard candy vaut surtout pour l’expérience procurée. Hard candy est un film sans pitié, sans gentil ni méchant clairement défini, sans message ou morale non plus. C’est juste une expérience sordide d’une grande puissance, que l’on traverse en ayant du mal à respirer, et dont il m’a été impossible de me détourner, alors même que j’ai du mal à garder mon attention habituellement.

Et dire que David Slade a ensuite réalisé Twlight 3… c’est hallucinant.

Bande-annonce VO :

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