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 Fièvre (Horsehead)

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Fry3000
King of the zombies
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MessageSujet: Fièvre (Horsehead)   Dim 7 Sep 2014 - 22:10


Fiche du film :
Réalisateur : Romain Basset
Scénaristes : Romain Basset, Karim Chériguène
Année : 2014
Genre : Horreur / Fantastique / Drame
Acteurs principaux : Lilly-Fleur Pointeaux, Catriona MacColl, Murray Head

Mon avis :
Il y a plusieurs années déjà, je voyais sur le forum d'Oh my gore! un topic sur Fièvre, un projet de film en recherche de financements. Je ne sais plus si c'était à ce moment-là ou plus tard, mais le réalisateur avait publié une vidéo expliquant le cauchemar que représentait la démarche. Romain Basset n'a pas laissé tomber pour autant, puisqu'il y a quelques mois j'ai pu découvrir la bande-annonce de Horsehead, film fantastique d'origine française, qui m'a de suite donné hâte de le voir grâce à son esthétique à tomber. Et Horsehead, c'était le nouveau titre de Fièvre, filmé en anglais pour faciliter les ventes et le financement.
Je ne savais toujours pas exactement de quoi parlait le film, mais j'ai pris, sans hésiter, ma place pour la projection à l'étrange festival. Il n'y avait qu'une seule séance (contre 5 ou 6 pour l'autre film qui m'intéressait, le documentaire sur Weng Weng !), complète, si bien que la file d'attente faisait pratiquement tout le tour du dernier étage du Forum des images. Une première mondiale, en présence d'une partie de l'équipe du film... qui ne l'avait toujours pas vu complété, pour la plupart !

Plutôt que de garder en réserve la vision qui lui donne son titre, le film démarre par cette scène d'une forte puissance visuelle de l'homme à tête de cheval, qui écarte des voilages pour faire face à une fille qui sommeille. J'espérais quand même qu'on ne nous ait pas montré le meilleur dès le début...
Il se trouve que cette jeune fille qui se voyait en rêve, Jessica, étudie la science des rêves (ouais, comme le film de Gondry), dès la seconde séquence d'ailleurs on la voit avec à la main un livre titrant "Lucid dream, an introduction", et elle réécoute les cours de son prof qui, ça tombe bien, parle de la signification du cheval dans les rêves ! Sacré hasard, qui nous permet de connaître les trois interprétations possibles de cette figure animale : ça peut représenter la mère, le passeur, ou le messager de la mort. Une triple interprétation possible que j'imaginais être exploitée par la suite, puisque Jessica se rend, après 3 ans d'absence, dans la demeure de sa mère et son beau-père, en raison de la mort imminente de sa grand-tante. Une grand-tante que l'on nous montre, le look déjà cadavérique, et qui pourtant ne semble n'avoir pour fonction que de justifier le retour de Jessica, au final.
Couchant dans la chambre adjacente à celle de la vieille femme, la jeune étudiante fait des cauchemars, qu'elle cherche à contrôler afin de découvrir des secrets de famille. Oui car dans le monde des rêves, elle semble pouvoir lever le voile sur des évènements passés qu'elle n'a jamais vécu. Pour maîtriser les rêves, c'est simple : il faut un objet ayant appartenu à quelqu'un pour se concentrer sur elle, et pour se rendormir il faut avoir toujours une bouteille d'ether à proximité (je ne rigole pas, c'est dans le film). Pendant 1h40, donc, Jessica se shoote à l’ether, mais la première fois qu’elle le fait, elle sombre dans une ambiance de boîte de nuit, avec les jeux de lumière et la musique électro de circonstance.
Pourtant, le concept de l’exploration des rêves à la recherche de réponses était intéressant, même si, en définitive, il paraît absurde.

Ce qui m’avait convaincu de voir Horsehead, c’était cette classe que nous vendait la bande-annonce, cette esthétique très soignée. Et effectivement, il y a des plans et des éclairages magnifiques, oniriques, surtout lors de ces scènes dans la baignoire, où l’on ressent cette moiteur fiévreuse, et où l’image peu contrastée, comme recouverte d’un voile brumeux, évoque efficacement l’inconsistance des rêves.
Je voyais en Horsehead l’anti-cinéma d’horreur commercial, celui qui occupe malheureusement la majorité du marché du genre horrifique en France, d’autant plus qu’assez tôt dans le film il y a cet effet que je qualifierais d’inverse du jump-scare : un élément apparaît soudainement et furtivement derrière l’héroïne, mais sans qu’on ait besoin de le souligner par un bruit strident, et surtout on ne nous le met pas en pleine gueule. Par contre, peu après, le film m’a prouvé que j’avais vu faux, en nous livrant un jump-scare tout ce qu’il y a de plus facile.
Horsehead s’est avéré être pratiquement l’inverse de ce que j’en attendais, avec espoir. Romain Basset adore les gros plans, et il en abuse un peu, mais là n’est pas le plus grave. Dans ce film dont j’attendais une esthétique irréprochable, les pires fautes de goût sont ces accélérés sur les establishing shots, comme dans une sitcom des 90’s, et toute cette séquence avec le cardinal (dont la voix trafiquée numériquement est assez ridicule) qui malmène une femme topless crucifiée, une scène de torture porn avec un éclairage bleuté et des ralentis visiblement rajoutés en post-prod, donnant un effet digne d’un DTV.

Horsehead nous présente quand même de belles visions, mais on les voit longuement défiler sans qu’on puisse leur attribuer un sens. Plus le film avance, plus les scènes de rêve se montrent WTF… et sont parfois ponctuées de délires lesbiens, totalement gratuits.
Jessica ne découvre qu’avec beaucoup de lenteur les secrets de sa famille, ou plutôt le secret, qui au final n’a rien de bien choquant ou d’extraordinaire, en tout cas pas assez pour justifier que sa révélation soit l’objectif de tout le film.
La lenteur est sûrement voulue pour correspondre à cette ambiance onirique, mais j’ai surtout trouvé ça pénible à la longue ; le film aurait très bien pu durer 30mn de moins, surtout vu le manque de profondeur et de rebondissements de son histoire.
Alors que Jessica a trouvé ce que sa mère cherchait à lui cacher, le film se poursuit, m’ayant ainsi laissé croire qu’il y aurait d’autres révélations. Les dix dernières minutes accumulent les images trashs dignes d’un clip de métal… et je dis cela en raison de leur apparent manque de sens et de leur présence qui semble uniquement justifiée par leur force visuelle, ce qui aurait très bien convenu dans un clip. Mais dans le film j’avais envie de les voir s’arrêter pour passer directement à ce que j’imaginais être la révélation ultime, que cacherait cette porte que l’on voit à plusieurs reprises depuis le début du film et que Jessica met tant de temps à atteindre.
Mais en fait, non, rien de cela.

Quelle sacrée déception. Je suis aussi assez mal à l’aise, vu le temps qu’a pris le projet pour se concrétiser, ce qui signifie que le réalisateur y a profondément cru.

PS :


Bande-annonce VO :

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