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 L'éventreur de New York

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Fry3000
King of the zombies
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MessageSujet: L'éventreur de New York   Mer 26 Oct 2016 - 0:41


Fiche du film :
Réalisateur : Lucio Fulci
Scénaristes : Gianfranco Clerici, Lucio Fulci, Vincenzo Mannino, Dardano Sacchetti
Année : 1982
Genre : Horreur / Thriller
Acteurs principaux : Jack Hedley, Almanta Suska, Howard Ross

Mon avis :
Il arrive qu’on voie un film juste pour une affiche, ou juste pour une image. J’étais tombé sur le site Whatthemovie sur une capture d’écran de L’éventreur de New York : une lame de rasoir, tendue entre les deux seins d’une femme allongée. Un mélange d’érotisme et de tension qui faisait envie, m’évoquant probablement des scènes jouant de la même façon avec des sens contradictoires dans mon film fétiche, Dellamorte Dellamore.
Et l’idée de cette lame qu’on fait parcourir sensuellement sur la poitrine, je l’avais vue entretemps dans Démons de Lamberto Bava, une des meilleures idées visuelles du film peut-être.
J’ai quand même hésité à regarder L’éventreur de New York… parce que je n’aime pas Fulci. J’ai vu aussi bien ses films les plus réputés, Frayeurs et L’au-delà, qu’un des navets de sa fin de carrière, Aenigma. Et dans tous les cas je trouve ça très cheap et mou.
Je sentais que je n’allais pas aimer L’éventreur de New York… mais tant pis.

Beaucoup de séries B Italiennes des années 80 cherchaient à imiter le cinéma US, mais L’éventreur de New York pour sa part a bel et bien été filmé dans la Grosse Pomme, quoiqu’avec quelques acteurs Italiens un peu trop clairement doublés.
Un tueur en série sévit, et s’en prend uniquement à de jolies jeunes femmes. Une témoin décrit sa voix comme celle d’un canard… sur le coup j’étais déjà dubitatif, mais je pensais que c’était parce qu’il avait une voix nasillarde.
Mais non. Il parle comme un personnage de cartoon, caquetant de temps à autre.
C’est consternant. Je me demande comment les scénaristes ont eu cette idée, mais en tout cas c’est une sacrée idée de merde ; à chaque meurtre, on a l’impression d’entendre Donald Duck quand il est en colère.
Les dialogues ne sont, pour la plupart, pas tellement mieux, on dirait que les auteurs ont voulu reproduire ce qu’ils ont vu dans d’autres films : la police qui dresse un profil approximatif du coupable (entre 28 et 30 ans… c’est précis, alors qu’ils n’ont à ce moment-là aucun indice), le supérieur de l’enquêteur qui lui met la pression, … mais les paroles manquent souvent de substance, on n’y croit pas trop, et vu l’intonation un peu à côté de la plaque de la part des acteurs, eux non plus.
L’intrigue policière est nulle, en début de film donc on dit à l’enquêteur qu’une des victimes a été appelée par un homme à voix de canard… et au meurtre suivant, quand on fait la même description de quelqu’un ayant essayé d’appeler le policier, il cherche à se rappeler quand est-ce qu’il a déjà entendu un truc pareil. Sérieusement ? On se fout de nous.
Et finalement il ne tilte que quand le fameux homme-canard l’appelle directement.

Je ne sais pas pourquoi je m’attendais à plus que du pur cinéma d’exploitation, parce que L’éventreur de New York c’est exactement ça. Rien à foutre d’avoir un scénario travaillé, on se vautre dans un étalage gratuit de sang et surtout de sexe.
Certes on peut s’imaginer que c’est ce que j’attendais au vu de ce que je disais en intro, mais je voulais quand même que ce soit bien fait, un film cohérent ; je citais Dellamorte Dellamore, dans lequel le sexe avait sa place dans une histoire d’amour et d’obsession, où les scènes sensuelles ne comportaient pas forcément de la nudité, et où il y avait une certain équité.
Or dans L’éventreur de New York, il y a de la nudité (féminine) sous n’importe quel prétexte, des scènes de sexe gratuites qui s’étendent bien plus que nécessaire, et un positionnement moral douteux de la part du réalisateur.
Le film présente notamment une scène d’abus sexuel, assez malsaine, ce qui en soit n’est pas ce qui me dérange, mais c’est filmé avec complaisance, et se conclut avec la femme qui, au final, prend du plaisir dans son agression.
Et ce sexisme, il est présent dès le début du film, quand un automobiliste râle sur une cycliste… il aurait pu simplement l’insulter pour avoir rayé sa voiture, mais non sa première parole c’est "you women should stay home".
Je ne vais pas être hypocrite, Fulci choisit quand même bien ses actrices, et filme de façon à bien mettre en avant leur visage ; il aime les gros plans sur les yeux, et ça tombe bien moi aussi (ceux que Catriona MacColl m’avaient marqué dans Frayeurs et L’au-delà).

Pour ce qui est de la réalisation, c’est plutôt mauvais, il y a des passages où on ne comprend pas bien ce qu’il se passe, et quelques effets de mise en scène sont trop insistants. Une femme découvre que la lumière ne fonctionne plus ? Zoomons sur la lampe, avec une musique menaçante (ce qui est d’autant plus saugrenu que le personnage lui ne prête aucune importance à ce détail et ne s’inquiète nullement).
Fulci fait des choix de mise en scène, qui dans l’idée sont peut-être bons, mais on dirait qu’il ne tient pas compte de la laideur du rendu. Tout le générique de début défile sur un gros plan d’une main décomposée qui, honnêtement, n’est pas si bien foutue.
Et puis il y a des plans qui semblent choisis juste pour paraître originaux, peu importe qu’ils soient de mauvais goût ou dépourvus de sens : quand une des victimes se fait attaquer avec un tesson de bouteille dans le ventre, on a un gros plan à l’extrémité de l’arme, comme en vue subjective (si la fille avait des yeux à cet endroit)… alors oui ok, c’est "original", mais c’est moche.

Tout ce que j’ai trouvé bien, c’est les effets gores, plutôt impressionnants… surtout dans cette séquence qui m’a poussé à voir le film (même si au final, ça ne correspondait pas à ce que j’avais imaginé, et que là encore la réalisation manque de classe).
Evidemment je savais à peu près dans quoi je me lançais, et je ne juge pas le film par rapport à ce que j’en attendais, mais sur ce qu’il est.
Je n’ai pas pu finir le visionnage, mais déjà au bout d’une dizaine de minutes je sentais que j’abandonnerais avant la fin.
Il n’y aura plus de Fulci pour moi. Bon, ou alors à la limite L’enfer des zombies, pour son zombie et son énucléation iconiques.

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